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  • La Capoeira pour les enfants en 10 questions

    Histoire de la Capoeira

    Les esclaves noirs, déportés d’Afrique par les colonisateurs portugais du XVIème au XVIIIème siècle, sont les fondateurs de la capoeira. Le Brésil a importé 3,5 millions de Noirs au total. Ces derniers n’ont jamais cessé de lutter contre leurs oppresseurs, même après l’Abolition de l’esclavage (1888). Cette résistance est une caractéristique du peuple brésilien, elle fait partie de sa culture. Les négriers séparaient les captifs de leurs famille ou de leurs congénères, et envoyaient des groupes pluriethniques vers les Amériques. La barrière du langage empêchait toute tentative éventuelle de rébellion de la part des esclaves. Alors, les Noirs communiquèrent entre eux par gestes, ou encore par la danse et la musique. Peu à peu, les esclaves créèrent une espèce de lutte pour combattre l’oppression et la domination des maîtres, n’ayant d’autre arme que leur propre corps. Ils utilisèrent le prétexte et le contexte des rituels pour pratiquer cette lutte sans attirer l’attention des Blancs : la musique et la danse camouflaient le combat. La capoeira est ainsi née d’une volonté d’émancipation. Il faudra attendre une quarantaine d’années après l’Abolition de l’esclavage pour que la capoeira soit officiellement reconnue et autorisée. Aujourd’hui toutes les classes sociales pratiquent cette discipline enseignée à l’école et à l’université. On apprécie son côté sportif mais aussi ses multiples applications artistiques : danse, poésie, expression corporelle. En outre, la capoeira contribue au développement de la personnalité ; basée sur le dialogue et le courage, elle améliore l’estime et la connaissance de soi. Enfin, elle facilite l’approche culturelle d’une société pluriethnique qui brasse des peuples africains, européens et amérindiens.

    1. Pourquoi enseigner la capoeira aux enfants ?

    La capoeira angola est une excellente activité pour les enfants : elle apprend la discipline et la sociabilité, stimule la sensibilité, développe la coordination motrice, contribue à l’épanouissement musical, encourage l’autonomie et suscite la curiosité par rapport à une autre culture. C’est un moyen de développement global de l’individu. On peut, grâce à elle, s’améliorer sur le plan physique, émotif, social, moral et spirituel. J’ai pu observer que la capoeira angola permet aux enfants de plus de trois ans de retrouver des postures de la petite enfance : ils se traînent, s’accroupissent, marchent sur les genoux ou à quatre pattes, se préparant à de nouvelles expériences corporelles. En cours, on travaillera des mouvements différents selon sa tranche d’âge. Tout enfant a la possibilité de développer et améliorer de nombreux talents. Quinze années d’expérience m’ont prouvé que l’utilisation d’un langage corporel et artistique de façon ludique est fondamentale pour une éducation réussie. Platon conseillait d’ailleurs la pratique de la musique et de la gymnastique pour rester en bonne santé. La capoeira est une activité qui réunit ces deux éléments, et permet, comme je l’ai dit précédemment, de développer la sensibilité et l’estime de soi.

    2. Mon enfant risque-t-il de se faire mal ?

    Plus tôt l’enfant apprendra à effectuer des mouvements, mieux il sera préparé à affronter des situations potentiellement dangereuses. Il sera continuellement confronté au risque de se blesser dès qu’il effectuera un mouvement : cela fait partie de la vie. L’enseignement des mouvements de capoeira angola est basé de façon caractéristique sur la nature de chaque individu. Il ne faut pas essayer de forcer ce qui n’est pas naturel. On développe la coordination motrice des enfants à partir de mouvements communs à tous les êtres humains, puis on les fait évoluer vers des postures corporelles de plus en plus complexes, tout en respectant les aptitudes physiques de chacun. La connaissance de son propre corps aide à acquérir une image corporelle et stimule le désir de vivre de nouvelles expériences motrices.

    3. Mon fils est-il doué pour la capoeira ?

    Bien sûr ! Il faut encourager autant que possible tous les enfants à faire de la capoeira. Plus ils trouveront du plaisir dans leurs activités, meilleure sera leur formation en général. On encouragera toujours les élèves à dépasser leurs limites. Ils partageront leurs expériences et s’entraideront en développant un esprit fraternel au sein du groupe.

    4. Mon fils va-t-il entrer dans un système de compétition ?

    Non. La philosophie de la capoeira angola dépasse la compétition sous de nombreux aspects, valorisant le respect de la tradition, le self control et la spiritualité de chacun. Fondée sur des origines africaines, la capoeira angola consiste à jouer avec un partenaire et non pas contre un adversaire. Les cours sont élaborés en fonction de la coopération et non pas de la compétition. On ne mesure pas le travail de chacun dans le but de récompenser les « meilleurs » et il n’existe ni championnat, ni de remise de prix. Les groupes d’élèves sont constitués de façon hétérogène car je pense que l’échange d’expériences diverses contribue à former la connaissance de soi et des autres.

    5. Quel est l’uniforme de la capoeira ?

    À l’ECAP, le port de vêtements blancs est conseillé afin d’apprendre à contrôler ses mouvements : celui qui connaît bien le rituel de la capoeira angola ne salit pas sa tenue en jouant ou en s’entraînant. Les anciens capoeiristes portaient eux aussi des vêtements blancs (costume-cravate !) pour se distinguer et monter leur habileté. Seules la plante des pieds, la paume des mains et la tête (s’il n’a pas de chapeau) du joueur pouvaient toucher le sol. Il fallait être impeccable à la fin du jeu.

    6. Mon fils est très agité. La capoeira fait-elle dépenser suffisamment d’énergie ?

    La vie moderne privilégie les postures statiques ; à la crèche comme à l’école, l’enfant reste pratiquement immobile pendant de longues heures. Il en va de même à la maison : les enfants d’aujourd’hui passent une grande partie du temps devant des écrans de télévision ou d’ordinateurs. Ils finissent par évacuer leur stress de façon négative pour eux et leurs proches. Pendant les cours de capoeira, on alterne les activités dynamiques supposant une grande dépense d’énergie avec des exercices sur les postures statiques permettant de travailler l’équilibre corporel et le contrôle de soi. La capoeira améliore la respiration, donne de la souplesse et augmente la force musculaire.

    7. Il y a-t-il de la discipline dans la capoeira ?

    Il existe un respect mutuel entre élèves et professeur ; on peut sortir du cadre des règles à condition de respecter autrui. Le professeur, quant à lui, encourage constamment l’autonomie, l’auto discipline et le self control.

    8. Mon fils aura-t-il une ceinture ?

    Il n’existait pas, à l’origine, d’uniforme ou de grade dans la capoeira. À l’ECAP, nous n’utilisons ni ceinture, ni grade pour distinguer le niveau des élèves. L’élève, le professeur ou le maître montrera son ancienneté dans sa façon de lutter, de jouer des instruments et de se tenir dans la ronde. Ainsi l’habit ne fait pas le moine dans le capoeira angola.

    9. Pourquoi un surnom ?

    Au Brésil, on donnait des surnoms aux esclaves qui débarquaient des bateaux négriers. En outre, la pratique de la capoeira fut longtemps interdite et les capoeiristes usaient de codes et de surnoms pour ne pas finir en prison. D’où l’usage répandu du surnom dans la capoeira et au Brésil en général. L’élève de capoeira peut éventuellement se voir attribuer un surnom pour favoriser son intégration. Ce surnom est choisi par le professeur et l’ensemble du groupe en fonction des caractéristiques de l’élève et dans un esprit toujours positif.

    10. La ronde ?

    La principale caractéristique de la capoeira est la roda, elle en est la parfaite illustration. La roda (ronde en français) est la ronde que forment les capoeiristes lors des confrontations qui sont appelées « jeux ». Elle met en scène tous les aspects de la capoeira : l’aspect martial avec ses combats et l’aspect artistique avec les « floreios » (acrobaties), les chants et les instruments typiques de la capoeira. Le jeu symbolise le combat, l’expression corporelle et la conversation non verbale entre les deux partenaires. Cette ronde, qui délimite l’espace de jeu, sert surtout à créer une ambiance propice au spectacle. En effet, cette roda crée, par ses chants et ses rythmes brésiliens, une ambiance festive et chaleureuse qui « donne de l’énergie » aux capoeiristes qui s’affrontent au centre.

    Lieux et horaires des cours pour les enfants :

    * Au Centre d’Animation et de Loisirs Valeyre - 24 rue de Rochechouart. Paris 9è arr. Contacter le Centre au 01 48 78 20 12 www.ca-valeyre.com

    * Vendredi de 17h30 à 18h30 à L’Espace Oxygène - 4 impasse Cordon Broussard - 75020 Paris. Métro Gambetta.

    * Dimanche au Gymnase Ronsard - 2 rue Ronsard - 75018 Paris. Métro Anvers/Barbès. 13h à 14h cours Capoeira pour les enfants 14h à 17h atelier de percussion : Ronda de Capoeira Angola ouverte pour tout public.
    - Mestre Guara Tél. 06 20 69 21 45 - 09 54 36 99 10.